02 BIB veau d’or pharaons 2008-06

1. Etude du texte (Bible Exode 32)

Versets 1 à 6. Moïse est absent 40 jours et le peuple commence à s’inquiéter. Le texte dit qu’il “tardait à descendre de la montagne”. Or la racine hébraïque de “tarder” est la même que “six”. Les commentateurs en ont conclu que le peuple s’est trompé d’une demi-journée : il croit que Moïse est en retard de six heures. Et c’est pendant ces six heures que se produit l’épisode du veau d’or. Voilà pour le sens littéral. Pour le sens métaphorique on en conclut qu’il faut toujours être ponctuel. S’il y a retard il y a veau d’or et pagaïe. C’est ce qui se passe quand on professeur est en retard à son cours : les élèves se dissipent. Comment les Hébreux ont-ils pu se tromper d’une demi-journée ? Les commentateurs y voient l’œuvre du Satan.

Sans Moïse et sans la colonne de feu qui lui est liée le peuple se sent abandonné et demande “un dieu qui marche devant (lui)”. Aaron semble céder facilement mais en réalité il ruse. Un midrach explique qu’un de ses neveux a été tué en voulant s’opposer à l’idolâtrie qui monte. Il demande les anneaux d’or des femmes et des hommes jeunes en espérant secrètement qu’ils ne voudront pas sacrifier leurs bijoux. Mais ils font avec plaisir ce sacrifice. Dès lors il ne reste plus à Aaron qu’à s’exécuter. Il fait une représentation du taureau égyptien, Apis, ici dédaigneusement désigné comme le “veau d’or”. Apis, c’est une incarnation de Ptah, le dieu-artisan, dieu créateur, dieu du feu. Apis a plus spécialement rapport avec la fécondité ou la renaissance, d’où le “veau d’or”, culte lié, selon les historiens,  à l’intronisation des pharaons.

Les vieux réflexes sont vite revenus. Le midrach les explique par la présence de nombreux Egyptiens dans le peuple qui l’avaient accompagné lors de sa sortie d’Egypte et qui devaient normalement se convertir. La consécration et donc l’animation de l’idole est achevée avec l’exclamation : “Voilà ton Dieu, Israël, qui t’a fait monter du pays d’Egypte.” Aaron est accablé. Le texte ne le dit pas car les ellipses sont nombreuses et beaucoup d’indices doivent être interprétés. Il procède à un détournement de consécration grâce à l’autel construit devant l’idole et dédié à Adonaï. Il canalise l’énergie du peuple en prenant l’initiative d’une fête pour le lendemain. Les sacrifices sont destinés à apaiser la divinité. Le peuple va manger et boire les offrandes (détail important) comme c’est l’usage puis la fête devient une orgie sacrée. `

Versets 7 à 14. Changement de lieu. Dieu parle directement à Moïse : “Va, descends, car ton peuple...” et non “mon peuple…” ce qui s’explique par le dépit. L’expression “peuple à la nuque raide” (qui obéit difficilement et se révolte souvent) est devenue une expression célèbre. Dieu  demande à Moïse de descendre vers la plaine. Il assistera à la destruction du peuple infidèle : “que ma colère s’enflamme contre eux et que je les extermine”. Mais Dieu dit aussi “laisse-moi” car il prévoit les objections de Moïse. Il lui propose de faire de lui une “grande nation”. On songe à la promesse faite à Abraham (Gn 12,2). Moïse écarte cette proposition et s’emploie à calmer la colère divine. Il entre dans un marchandage comme Abraham pour Sodome. Le Zohar note son habileté oratoire. C’est “ton peuple” dit-il. Tu l’as fait sortir d’Egypte. Que diront les Egyptiens ? que tu es un Dieu inconséquent ! “Reviens de l’ardeur de ta colère et renonce à faire du mal à ton peuple” (TOB) ou “Retourne de la brûlure de ta narine, / émeus-toi du malheur de ton peuple.” (Chouraqui, traduction-calque, en principe). Le dernier argument est le rappel de la promesse divine faite aux patriarches (“Abraham, Isaac et Israël”-Jacob-). L’argument a porté. Adonaï s’apaise exactement comme le lui a demandé Moïse : “Il s’émeut du malheur / qu’il a parlé de faire à son peuple.” (Chouraqui). Dieu pleure sur le mal qu’il aurait pu faire à Israël.

2. Le veau d’or suit immédiatement le don de la Tora, comme, dit un commentaire, le malheur suit immédiatement le bonheur. L’un ne va pas sans l’autre. Le bien et le mal sont profondément liés sans que l’on puisse dire que Dieu a créé le mal. Dans une situation où seul le bien existe, celle du jardin d’Eden ou celle des anges, les hommes vivraient en pleine irresponsabilité. Ils n’auraient pas conscience de leur bonheur. Sur ce mélange étrange on peut lire de John Berendt “Minuit au jardien du Bien et du Mal” dont Clint Eastwood a tiré un excellent film. Mais pour le problème qui nous intéresse il vaut mieux lire le livre.

On peut extrapoler en évoquant d’autres traditions. Le bien est évalué par rapport à un mal qui lui sert d’unité de mesure. De la longueur “a” je ne puis rien dire sans la comparer à une longueur “b” et ce rapport “a”/”b” est appelé “logos” (loi) chez les Grecs. De même dans le Tao le yin et le yang se servent mutuellement de point de comparaison.

Verset 15 à 17. Moïse descend de la montagne. Description des tables de la Loi, gravées des deux côtées et directement par Dieu. En descendant Moïse retrouve Josué son fidèle lieutenant. Un grand bruit vient de la plaine. Josué, en guerrier qu’il est, croit discerner une “voix de guerre au camp”. Ce n’est pas faux car une guerre civile a éclaté entre les tenants d’Adonaï et ceux du bœuf Apis.

Verset 18. Citation poétique traduite de manières diverses : “Ce n’est pas une rumeur de chants de victoire, / ce n’est pas une rumeur de chants de défaite, / c’est une rumeur de chants alternés que j’entends !” (Osty). “... ce que j’entends c’est un bruit de cantiques” (TOB). “Pas l’écho d’une voix d’héroïsme / et pas l’écho d’une voix de grande faiblesse. / Moi-même j’entends l’écho d’une voix.” (Chouraqui). L’un des  targum propose : “la voix de gens qui rendent un culte à une  idole étrangère et qui se divertissent devant elle que j’entends.” Et l’autre targum précise : “c’est le bruit de gens qui trépignent dans le culte idolâtrique.” Donc un culte ponctué par des phases extatiques violentes. D’où les danses que découvre Moïse.

3. Verset 19. Le récit s’accélère. Moïse brise les tables de la loi dans un geste irréfléchi ou calmement mûri ? Le midrach dit que les lettres sacrées s’étaient envolées vers le ciel d’où elles venaient. Les tables étaient un corps sans âme que Moïse pouvait détruire sans blasphème, sans colère, dans une perspective pédagogique afin que le peuple prenne conscience de sa faute. Les débris furent placés dans l’arche sainte à côté des nouvelles tables de la Loi.

Verset 20. Moïse ne laisse pas le temps aux mutins de se ressaisir. Il se livre à une opération de nature magique : brûler l’idole, la piler, en faire une poussière mêlée à l’eau que le peuple va boire. Rachi, avec le Talmud, y voit une ordalie analogue à celle qui est imposée à la femme adultère (Nb 5,11-29). Leur ventre devait gonfler en cas de culpabilité. C’est un rite de purification physique : le peuple a mangé et but un repas d’idolâtres.

Un midrach rapporte que, parmi les coupables qui ont absorbé cette mixture d’or calciné broyé et d’eau, certains ont présenté sur leur visage des taches jaunes et vertes. C’étaient peut-être les plus impliqués. Or on utilise en médecine des sels d’or solubles dans l’eau pour soigner certaines maladies (polyarthrite rhumatoïde et spondylhartrite ankylosante) . Chez quelques patients, au cours du traitement, peuvent apparaître à la surface de la peau des reflets mordorés qui révèlent la présence d’un dépôt d’or dans les téguments.

Versets 21 à 24. Moïse agit et ensuite il s’explique avec son frère, Aaron. Il lui fait porter ta responsabilité de la faute car, en l’absence de Moïse, Aaron commandait le camp. Aaron risque la mort. Il se défend d’une manière curieuse en se défaussant presque totalement sur le peuple : celui-ci, argumente-t-il, est d’une nature mauvaise ; ie ne pouvais que le suivre ; voici exactement ce qu’il lui disait (propos déjà rapportés). Mais assez lâchement il poursuit : “Je l’ai jeté au feu (l’or) et il en est sorti ce veau.” (TOB) Comme s’il ne l’avait pas modelé lui-même ! Moïse n’insiste pas.

 

4. Versets 25 à 29. Moïse retourne vers le peuple. “Moïse voit que le peuple est “débridé” (Osty), “laissé à l’abandon” (TOB), “hérissé” (Chouraqui, lequel hésite sur le sens), “dépouillé” (les deux targums, “dépouillés de la protection divine”). Devenu impuissant, sans protection, le peuple est en danger. MoÎse se poste à la porte du camp pour empêcher les Hébreux de sortir. Il appelle à lui ses fidèles, les fils de Lévi, ceux de sa tribu. Ils vont y gagner de devenir les lévites, les prêtres d’un peuple de prêtres (Dt 33,9). Le discours de Moïse s’ouvre avec une formule solennelle : “L’Eternel, Dieu d’Israël”. Il ne l’a employée qu’une seule fois, face à Pharaon. Il s’agit de purifier Israël par le sang : 3.000 hommes vont mourir. Ceci est conforme à Ex 12,20 : “Qui sacrifie aux divinités sera voué à la mort.” Comment les choisir ?  Par les ventres gonflés et peut-être, si l’on suit le midrach évoqué plus haut, par les traces mordorées que laisse sur le visage la potion d’or. Rachi suit le Talmud (Yoma 66b) et distingue trois types de culpabilité :

– pour ceux qui avaient péché après avertissement préalable et en présence de témoins, aucune circonstance atténuante : c’est la mort par l’épée.

– là où il y a eu témoins mais pas avertissement : c’est la mort par épidémie

– là où il n’y a eu ni l’un ni l’autre : c’est l’hydropisie.

La boisson d’or a servi à départager les responsabilités.

 

5. Verset 30. Le lendemain tout est rentré dans l’ordre. Moïse remonte au Sinaï pour une nouvelle période de 40 jours, du 18 Tamouz à la fin du mois de Av). Cette fois  ce n’est plus la bienveillance qui accueille Moïse mais la colère divine (Rachi). Il va être difficile de plaider la cause du peuple : sa vie contre la mienne propose-t-il. “Sinon, efface-moi je te prie du livre que tu as écrit.” (Osty) “efface-moi donc de ton acte que tu as écrit.” (Chouraqui). C’est le livre céleste où Dieu a écrit les destinées des peuples et des hommes. En être effacé c’est aller au shéol, au néant. Dieu évoque la responsabilité individuelle : “C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon livre.” Et plus loin il ajoute : “au jour de mon châtiment, je châtierai sur eux leur péché.

Le peuple bénéficie d’un sursis mais s’il pèche à nouveau il sera puni et détruit. Des rabbins en ont conclu que les malheurs d’Israël venaient de l’épisode du veau d’or. Parmi eux, Nahmanide est le seul à juger que ces malheurs venaient de la traîtrise blasphématoire des fils de Jacob à l’égard du prince de Sichem. Rappelons les faits. Dinah avait été violée par ce prince qui en était tombé amoureux. Il obtint de l’épouser. Seule condition :  lui et son peuple devaient accepter la circoncision. Ce qu’ils firent.  Or les fils de Jacob, Siméon et Lévy, profitèrent de leur convalescence  pour les massacrer tous au prétexte qu’il n’y avait pas de réparation au viol de leur sœur. Ceci à la grande fureur et à la grande honte de Jacob. (Gen 34). Cette action était un blasphème face à l’Eternel qui avait fait de la circoncision le signe de son alliance.

Le narrateur finit le chapitre du veau d’or en insistant sur la responsabilité d’Aaron que Moïse a épargné : bien qu’ayant façonné l’idole, il ne l’a pas adorée et au contraire a tenté d’orienter ce culte vers celui d’Adonaï.

En conclusion nous proposons d’appliquer au veau d’or la grille d’analyse du PaRDeS :

– sens littéral : le fait lui-même tel qu’il est raconté. .

– sens métaphorique : un retard, vrai ou supposé, entraîne toujours une situation de veau d’or, de pagaïe et d’idolâtrie.

– sens allégorique : un grand bien est toujours suivi d’un grand mal, un petit bien d’un petit mal. Mais le mal à son tour, petit ou grand, est suivi d’un bien d’une même intensité. Le don de la Torah est suivi du veau d’or et le veau d’or est suivi du repentir, du retour (téchouva) à Dieu.

– sens mystique : L’Eternel entretient avec son peuple, à travers le marchandage de Moïse, des rapports à la fois sévères et affectueux. La kabbale et le Zohar développent ce sens mystique : le croyant s’abîme dans la contemplation du divin.

6.  Déconstruction : la naissance d’un pharaon ?  L’Exode, les Nombres et le livre de Josué nous montrent des conquérants nombreux, bien organisés et impitoyables. On voit mal comment de pauvres esclaves sortis d’Egypte se sont transformés aussi rapidement en une telle armée. ON retrouve dans le peuple hébreu trois caractéristiques du peuple égyptien :

– le sens des archives qu’il faut préserver coûte que coûte.

– le sens de l’organisation, l’imagination pratique chez les scribes et chez les lévites

– la cacherouth, signalée par Hérodote, qui tient dans le refus de consommer certains animaux et de partager le repas avec des étrangers.

Le  nouveau pharaon a des craintes  : “Il dit à son son peuple : “Voici que le peuple des Israélites est devenu plus nombreux et plus puissant que nous. Allons, prenons de sages mesures pour l’empêcher de s’accroître, sinon, en cas de de guerre, il grossirait le nombre de nos adversaires. Il combattrait contre nous pour ensuite sortir du pays.” (Exode, 1, 9 – 10). 603.550 hommes (Nombres 1,1 etc), âgés de 20 à 50 ans, en état de porter les armes, sortent d’Egypte avec femmes, enfants, vieillards, Egyptiens amis. Cela représente 2,5 ou 3 millions de personnes. Comme ils sont plus nombreux que les Egyptiens cela donne un total d’environ 5 – 6 millions de personnes pour l’Egypte avant la sortie des Hébreux. L’Egypte a traversé une crise tellement grave qu’elle a perdu la moitié de sa population. Une seule période semble coïncider avec un tel évènement. C’est la crise provoquée par la fin de l’aventure d’Akhénaton.

7. Voici les grandes étapes de cette aventure :

Fin de la 18° dynastie du Nouvel Empire

– 1394 à – 1384 : Thoutmosis IV conquiert Canaan pour contenir les Hittites.

– 1384 à – 1346 Amenophis III, s’abstient de toute conquête pendant son règne de 38 ans. Avec sa famille il honore autant Aton qu’Amon, la divinité traditionnelle. Quand il disparaît, un de ses parents, nommé Aî devient un régent sans titre grâce à une sagacité, qui lui vaut le titre de “divin Aï”. Aï est persuadé de la supériorité d’Aton sur Amon.

– 1358 à – 1342 Aménophis IV devient pharaon  avant la mort de son père. Pharaon mystique, il prend le titre d’Akhénaton impose le culte d’Aton (le soleil) à toute l’Egypte.  Les prêtres d’Amon se cachent ou passent au culte d’Aton. L’armée ne défend plus Canaan. Akhénaton meurt après un  règne de 16 ans et les deuils qui ont frappé la famille incitent Aï à revenir au culte d’Amon.

– 1342 à – 1340 Sous Semenkharé  l’empire est menacé par les Hittites.

– 1340 AÏ exile tous les prêtres d’Aton avec une armée pour reconquérir Canaan

– 1.340 à – 1.331 Toutankhamon. Toujours régent, le “divin Aï”  envoie constamment  des troupes en Canaan pour mater les révoltes, lever les impôts,  . La reconquête de Canaan est difficile. Il faut constamment envoyer des troupes pour mater les révoltes, lever les impôts et calmer, en Canaan même, les querelles les partisans d’Amon (qui voudraient rentrer en Egypte) et ceux d’Aton.

– 1331 à – 1326 Le “divin Aï” devient à son tour pharaon. Son règne ne dure que 5 ans mais il a exercé le pouvoir de – 1346 à – 1326 soit 20 ans.

– 1326 à – 1299 Horemheb a pris une part active à la reconquête de Canaan, encore inachevée

Début de la 19° dynastie du Nouvel Empire

– 1299 à – 1297 Ramsès Ier

– 1297 à – 1283 Sethy Ier réussit enfin la reconquête de la Canaan, la première année de son règne.

Entre la 1° grande campagne menée par Aï sous Toutankhamon et la 2° grande campagne menée par Séthy 1er il s’écoule 41 ans. Ces dates sont proposées par Messod et Roger Sabbah dans “Les secrets de l’Exode. L’origine égyptienne des Hébreux” (2000,  Livre de Poche). Pierre Grandet dans “Ramsès III” (Ed Pigmalion 1993) propose une chronologie un peu différente. Toutankhamon y commence son règne en  – 1333 et Séthy 1er en – 1289. L’écart est cette fois de 44 ans. On reste tout de même autour du chiffre mythique des 40 ans passés à guerroyer en Canaan.

8. Pour M. et R. Sabbah l’épisode du veau correspondrait à l’intronisation du pharaon Horemheb survenue en 1319 (chronologie P. Grandet) ou 1326 (leur chronologie). Aaron serait Horemheb, Moïse Ramsès 1er et Josué Séthy 1er. L’enchaînement des trois pharaons correspondrait à celui des trois chefs des Hébreux : Aaron meurt avant Moïse. Moïse n’entre pas en Canaan et son successeur Josué va réussir la conquête. Le “divin Aï” aurait mérité le titre d’”Adon-Aï” qui est le titre donné à l’Eternel (Adonaï). Les Hébreux sauraient conservé ce qu’ils estimaient être le meilleur de la tradition égyptienne. Pendant l’exil de Babylone, leurs scribes auraient été contraints, sous peine de mort, de ne plus revendiquer cet héritage qui déplaisait aux souverains de Babylone. Ils auraient réécrit la Torah en présentant le peuple hébreu comme de paisibles pasteurs et non plus de redoutables conquérants. Les corrections n’auraient pas été très profondes d’où les étrangetés et les incohérences du texte actuel. Les révoltes racontées dans l’Exode seraient, toujours d’après Messod et Roger Sabbah la transposition du conflit entre les partisans d’Aton (Moïse) conduits par Moïse et ceux d’Amon (Aaron).

9. Reconstruction et conclusion. Il faut revenir au texte biblique, tel qu’il est, recomposition littéraire et inspirée,  destinée à forger moralement un peuple qui s’est définitivement coupé de l’Egypte notamment au moment de l’exil à Babylone. Il en garde le souvenir jusqu’à aujourd’hui à travers la fête de Pessah (la Pâque juive). Reconnaissons que cette continuité ne lui a pas mal réussie.  Ainsi que le dit un juif contemporain  “Je préfère être l’héritier d’esclaves hébreux qui se sont libérés en s’installant en Canaan que l’héritier de conquérants égyptiens venus recupérer une colonie.” Légende ? Peut-être. “Quand la légende est plus belle que la réalité, dans l’Ouest on choisit la légende” dit un journaliste dans le film de John Ford “L’homme qui tua Liberty Valance.” Ce faisant, la légende  crée de la réalité.

Roger et Alii

Retorica

(18.200 signes)

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