22 POE Claude François Le lundi au soleil étude 40 > 200 mots

22 POE Claude François (1939 – 1978) Le lundi au soleil (1972) étude 40 > 200 Mots

 

Regarde ta montre
Il est déjà huit heures
Embrassons nous tendrement
Un taxi t’emporte
Tu t’en vas, mon cœur
Parmi ces milliers de gens
C’est une journée idéale
Pour marcher dans la foret
On trouverait plus normal
D’aller se coucher
Seuls dans les genets

Le lundi au soleil
C’est une chose qu’on n’aura jamais
Chaque fois c’est pareil
C’est quand on est derrière les carreaux
Quand on travaille que le ciel est beau
Qu’il doit faire beau sur les routes
Le lundi au soleil

(40 mots)

Le lundi au soleil
On pourrait le passer a s’aimer
Le lundi au soleil
On serait mieux dans l’odeur des foins
On aimerait mieux cueillir le raisin
Ou simplement ne rien faire
Le lundi au soleil

 

Toi tu es à l’autre bout de cette ville

Là- bas comme chaque jour

Les dernières heures sont les plus difficiles

J’ai besoin de ton amour !

Et puis dans la foule au loin…

Je te vois, tu me souris

Les néons des magasins sont tous allumés

C’est déjà la nuit !

Le lundi au soleil

C’est une chose qu’on n’aura jamais

Chaque fois c’est pareil

C’est  quand on est derrière les carreaux

Quand on travaille que le ciel est beau

Qu’il doit faire beau sur les routes

Le lundi au soleil !

On pourrait le passer à s’aimer

Le lundi au soleil

On serait mieux dans l’odeur des foins

On aimerait mieux cueillir le raisin

Tout simplement ne rien faire

Le lundi au soleil !

Oh ! le lundi au soleil

C’est une chose qu’on n’aura jamais.

Chaque fois c’est pareil

C’est quand on est derrière les carreaux

Quand on travaille que le ciel est beau

Qu’il doit faire beau le lundi au soleil !

 

Etude 40 > 200 mots

Le refrain se situe au milieu du poème. Poème ? oui,  une émotion sourde émane de ce texte. Les amants viennent de se quitter le dimanche soir : elle repart en taxi. Ils ont le cœur lourd malgré le rythme sautillant de la musique qui les aide à vivre.

« Le lundi au soleil » : facile à dire,  à chanter, vers de six syllabes pour une énigme banale : il fait beau un lundi et alors ? le drame surgit en mineur, au vers suivant, sorte d’alexandrin incomplet, disloqué, rythmé 6 + 5. Mystère : « une chose qu’on n’aura jamais » : cette « chose » c’est le bonheur de ne rien faire à deux, le lundi.

La simplicité du style se retrouve dans « Chaque fois c’est pareil » ; à la fois populaire et enfantin, bien accordé à la sensibilité de son public. La poésie est peut-être là.

« C’est quand on est » (6 syllabes), rupture qui met en valeur « derrière les carreaux » : on attend « barreaux » mais ce serait trop fort. Le travail n’est pas une prison, quoique… plainte discrète.

Ensuite contraste entre « Quand on travaille » et « que le ciel est beau » ; appel impuissant au farniente  et à l’aventure (« sur les routes »)

C’est injuste et on n’y peut rien. C’est le tragique d’une vie banale, traité en mineur, mais vie sauvée par l’amour (voir la fin)

(Roger, 245 mots. 2 heures, 2019-05-12)

 

1 commentaire

Laisser un commentaire ?