26 REL gourou prêtre chaman 2016-01-26

Au départ il y a un fichier 27 Gourou 2008_04_08. Puis cette réflexion s’est élargie au chaman, au prêtre et au directeur de conscience. Ce qui m’a conduit à Tartuffe. J’ai écarté le prophète qui m’a semblé poser d’autres problèmes. Roger

1. Le mot gourou signifie “ami spirituel” (sanskrit). Sa racine est la même que le mot grave en français. Il qualifie en Inde tout homme “lourd” de connaissances, quel que soit son domaine : maîtres à penser, maîtres à créer, maître à agir. Un instituteur sera qualifié par les élèves et leurs familles de gourou-ji. Historiquement le plus célèbre est Shankara (vers 700 de notre ère) qui enseignait le non-dualisme absolu : seule la Réalité suprême existe au-delà des apparences. Tagore, Aurobindo, Gandhi furent des gourou célèbres. “Ils se présentent tous comme des maîtres provisoires dont la nature est de devenir inutiles, quand le disciple a découvert et fait surgir en lui le véritable gourou, le sad-gourou qui doit finalement guider seul sa pensée et son comportement.” (Guy Deleury, L’actualité religieuse, 15_09_96) Ce n’est pas le gourou qui fait le disciple mais le disciple qui fait le gourou. Le vrai gourou se méfie de l’attachement du disciple et lui demande de construire son libre-arbitre, sa liberté intérieure. Et il voit s’éloigner son discipline avec intérêt et soulagement : il a rempli sa mission en ne constituant qu’une étape dans l’évolution de son disciple. Celui-ci complètera, éventuellement,  sa formation chez un autre “ami spirituel”.

2. Un vrai maître spirituel  “[contrairement à ce que l’on a pu penser] “n’est plus déterminé par la richesse, le pouvoir, le prestige ou la sexualité.” Ce qui ne signifie pas nécessairement vivre dans la pauvreté, n’exercer aucun pouvoir, ne jouir d’aucun prestige et pratiquer l’abstinence sexuelle. Mais cette définition permet d’éliminer les fondateurs de sectes, coupables, entre autres, d’exercice illégal de la sagesse”. (Arnaud Desjardins “Regards sages sur un monde fou” La Table Ronde, 280 p. 1997). Arnaud Desjardins offre une autre origine : “Le “guru” en hindi c’est à la fois “celui qui a de l’expérience” et “celui qui disperse les ténèbres”. (Psychologies, avril 2002). C’est un véritable gourou moderne. Les cinq clés de sa pensée sont :

1. La connaissance de soi

2. L’état sans ego ou la non-dualité

3. L’état sans émotions

4. La vigilance

5. Trouver son maître.

(d’après Psychologies, février 2001)

Il ne s’agit de tuer ou de nier les émotions mais de se détacher de l’attachement, de l’aversion et de l’indifférence, les trois poisons du bouddhisme, pour ne pratiquer que l’attention. Toutes les sagesses se rejoignent.

3. Le gourou selon A. David-Neel “Les mystiques lamaïstes dénient l’existence de ce “moi” [auquel sont attachés la plupart des Occidentaux]. Ils affirment qu’il n’est qu’un enchaînement de transformations, un agrégat dont les éléments matériels comme mentaux agissent et réagissent les uns sur les autres et sont continuellement échangés avec ceux des agrégats voisins. Aussi, l’individu, comme ils le voient, est semblable au courant rapide d’une rivière ou à un tourbillon présentant de multiples aspects.

Les disciples avancés savent reconnaître parmi cette succession d’individualités se montrant dans leur maître, celle de qui des leçons et des avis utiles peuvent être obtenus. Afin de s’en assurer le bénéfice, ils supportent les manifestations d’ordre inférieur qui leur apparaissent dans ce même lama, tout juste comme ils attendraient patiemment parmi une foule vulgaire, le passage d’un sage.

Un jour, je racontais à un lama, l’histoire du Révérend Ekai Kawaguchi (1) qui, pendant son séjour au Tibet, désireux d’apprendre la grammaire, s’était rendu chez un maître en renom. Ce dernier appartenait à l’Ordre religieux et se donnait pour un gelong  (2) . Cependant, après être demeuré quelques jours chez lui, l’élève découvrit que son professeur avait transgressé la règle du célibat et était le père d’un petit garçon. Ce fait lui inspira un profond dégoût, il emballa ses livres et ses hardes et s’en alla.

Quel benêt ! s’exclama le lama, lorsqu’il eut entendu l’anecdote. Le grammairien était-il moins savant en grammaire parce qu’il avait cédé aux tentations de la chair ? Quel rapport existe-il entre ces choses et en quoi la pureté morale de son professeur concernait-elle l’étudiant ? L’homme intelligent glane le savoir partout où il se trouve. N’est-il pas un fou celui qui refuse de prendre un joyau déposé dans un vase malpropre, à cause de la saleté adhérant au vase.

Les lamaïstes éclairés envisagent la vénération témoignée au guide spirituel d’un point de vue psychique. En fait ils considèrent toutes espèces de culte de la même manière.

Tout en reconnaissant que la direction d’un expert en matière spirituelle est extrêmement précieuse et utile, beaucoup d’entre eux inclinent à attribuer au disciple lui-même la plus large part de responsabilité dans le succès ou l’échec de son entraînement spirituel.

Il ne s’agit pas ici, du zèle du néophyte, de son attention ni de son intelligence. Leur utilité va de soi. Mais un autre élément est jugé nécessaire et même plus puissant que tout autre. Cet élément c’est la foi.

La foi, croient les mystiques du Tibet, et avec eux nombre d’Asiatiques, est un pouvoir par elle-même. Elle agit indépendamment de la valeur intrinsèque de son objet. Le dieu peut être une pierre et le père spirituel un homme vulgaire et, cependant, leur adoration éveiller dans leur dévot une énergie et des facultés latentes insoupçonnées.

Quant aux témoignages extérieurs de respect, ils visent dans le culte du gourou comme dans tout autre culte, à nourrir et à accroître la foi et la vénération.

Beaucoup de novices qui n’auraient jamais osé s’aventurer dans le chemin mystique, s’ils n’avaient point cru qu’ils étaient soutenus et poussés en avant par le pouvoir mental ou magique de leur lama se sont, en réalité, appuyés sur eux seuls tout le long du chemin. Néanmoins, la confiance qu’ils plaçaient en leur maître a produit un effet semblable à celui qui aurait pu être dérivé d’une aide extérieure effective.

Il existe des cas plus étranges. Certains se livrent parfois à des pratiques de dévotion ou à d’autres exercices analogues, alors qu’ils sont parfaitement convaincus de la non-existence de l’objet de leur culte. Et ce n’est pas, là, démence comme on pourrait être tenté de le croire, mais la preuve d’une profonde connaissance des influences psychiques et du pouvoir de l’auto – suggestion.

(1) Le Révérend Ekai Kawaguchi est un érudit bouddhiste japonais. Il narre cette aventure dans une relation de son séjour au Tibet.

(2) Gelon, prononcé avec le dur et écrit dge slong, littéralement un vertueux mendiant, l’équivalent approximatif, chez les lamaïstes, du bhikkhoù des Bouddhistes du Sud : un religieux célibataire ayant reçu l’ordination majeure.”

(Alexandra David-Neel “Initiations lamaïques”  Ed. Adyar 1985  pp 20-21-22)

4. Formation d’un disciple. Voici comment procédent, selon Alexandra David-Neel, certains maîtres tibétains. A l’arrivée du disciple, le gourou l’observe pendant quelques semaines et lui attribue la déité qui convient le mieux à son tempérament. Admettons que ce soit la Târâ verte. La Târâ (“celle qui sauve” en sanskrit) ou Dolma en tibétain est l’aspect féminin de la compassion et correspond à Kuan Yin dans le reste de l’Asie, sorte d’équivalent de la Vierge Marie. Il y a 21 formes différentes de Târâ qui se distinguent du point de vue iconographique par la couleur, la posture et les attributs. Elles peuvent se manifester par des Représentations pacifiques ou “insensées”. La formation va se dérouler en trois phases. Dans la première qui dure plusieurs années le disciple absorbe les différentes Représentations de la Tara verte au point de la sentir vivante. Il atteint alors la seconde phase. Il y reste assez de temps pour continuer à y trouver un refuge spirituel. Ensuite commence la troisième phase :   son gourou lui apprend à détruire cette illusion mentale, travail difficile de déconstruction. Dès lors le disciple est armé pour faire renaître, selon ses besoins spirituel, la Tara verte et s’y réfugier. Tantôt il y croit, tantôt il n’y croit pas pour reprendre une terminologie occidentale, totalement inappropriée.

5. Prêtre catholique. Je suis prêtre (Emission de Mireille Dumas, « Bas les masques », F2, 01_06_1993, Notes de Roger). Une série de témoignages commentés par les intéressés.. Jacques Perotti, aujourd’hui secrétaire de l’abbé Pierre, a senti se révéler son homosexualité après une expérience affectivement désolante dans une paroisse de banlieue (confrères tristes et repliés sur eux-mêmes). Il connaît une liaison homosexuelle de trois ans ; elle ne dure pas car son compagnon est dragueur. Il se sentait toujours prêtre.  Son évêque était au courant et c’est avec ce dernier que l’abbé Pierre négocie le statut social de Jacques Perotti. Ce dernier s’occupe de la pastorale des homosexuels dans le groupe « David et Jonathan« . Il souffre beaucoup de ne pas célébrer la messe dans l’église qui les reçoit car trois couples de catholiques traditionnels s’opposent à ce qu’ils le fasse. Pour lui la foi est un don de Dieu sur lequel les hommes ne peuvent se prononcer. Comme Drewerman, il pense que le nouveau catéchisme mérite un zéro pointé, que Jésus est venu pour libérer les hommes non pour les asservir. Pour lui le refus du préservatif et de la contraception est une attitude de repli grave, génératrices de difficultés supplémentaires pour le peuple de Dieu. En lui l’homme et le prêtre sont réconciliés : il note que le célibat des prêtres n’est pas la chasteté. Il est proche de la soixantaine et respire une sérénité et un équilibre impressionnants.

6. Michel est un ancien flûtiste. Il a 31 ans. Depuis ses dix-huit ans, il s’est toujours senti habité par l’amour de Dieu et sa prêtrise lui paraît un aboutissement normal. Il estime que le sacerdoce le comble affectivement mais il refuse de parler de sa vie privée. Le nouveau catéchisme lui paraît une œuvre magistrale.Quand on aime une personne, dit-il, on l’aime avec ses défauts et ses qualités. Il se sent ouvert à tous et Mireille Dumas lui rétorque que c’est une attitude de repli. Jacques lui dit que son idéal spirituel semble se satisfaire de faire des « béni-oui-oui ». Michel répond que les « béni-oui-oui » ce sont les saints. Alors que Jacques estime que le peuple de Dieu avance dans le conflit surmonté, Michel dit qu’il ne se sent pas l’esprit guerrier et qu’il veut éviter tout conflit.

7. Le prêtre suivant a longtemps été comme Michel. Il a 41 ans. Le célibat, le vide affectif lui pesait. Finalement il a épousé une militante de la J.O.C. Elle a fait le gros sacrifice d’accepter le simple mariage civil. Mais de son côté il n’a pas été réduit à l’état laïc ; on ne le lui a pas proposé et il ne le demanderait plus aujourd’hui. Il a deux enfants qui vivent, semble-t-il, bien cette situation. Ils plaignent un de ses confrères, prêtre célibataire, de ne pas avoir des enfants comme eux ! Ce prêtre marié est devenu éducateur dans une maison spécialisée pour handicapés et sa réinsertion sociale a été difficile. Lui aussi partage l’optique de Jacques Parotti sur la contraception et les préservatifs. Pour lui l’Eglise est la seule institution réellement porteuse d’amour mais elle le propose comme si elle offrait un diamant enveloppé de boue. Et les gens se détournent. Désormais il se sent réconcilié dans son état de prêtre et d’homme. Jacques admire cet itinéraire qui a pu être mené au bout dans toute la logique de sa démarche.

8. Un autre prêtre, la cinquantaine également, est devenu chanteur, pilote de moto, aviateur…. Il fait danser des gens sur la parole de Dieu. Il propose cette parole sans l’imposer. Il a du succès. Les gens aiment cette forme d’évangélisation. Il reconnaît que le célibat lui a beaucoup pesé et que la chanson, la moto sont des manières de faire front à ces problèmes affectifs.

9. Un autre a vécu le drame des prêtres-ouvriers interdits en 1954 par Pie XII, pour de multiples raisons mais surtout pour cause de guerre froide et d’emprise du communisme sur la classe ouvrière. Lui, il ne s’est pas soumis. Il a rejoint les ouvriers mais pour bien montrer que sa rébellion était d’ordre idéologique il a respecté son vœu de célibat. Il n’a plus dit la messe et la dernière fois qu’il a essayé de le faire, seul, il a longuement pleuré pendant une heure. Ensuite il n’a plus jamais essayé. Il a écrit un livre pour raconter son itinéraire. Jacques lui dit qu’il le sent, en creux toujours prêtre, et cet ouvrier prêtre en a le visage tout illuminé.

 10. Un bref reportage présente Eugen Drewerman. Il redit que Jésus est venu pour libérer les hommes, non pour les asservir dans un carcan ecclésial. Dans son sacerdoce il avait pris l’habitude d’écouter attentivement les gens ; pour les aider il a été amené à chercher des réponses ailleurs que dans la théologie. C’est ainsi qu’il a découvert la psychanalyse et qu’il a approfondit sa réflexion dans une perspective devenue thérapeutique. Son meilleur souvenir. Celui d’une religieuse qui avait tout sacrifié à sa vocation sauf ses yeux, des yeux magnifiques. Sa communauté les trouvait étranges et voulait qu’elle voit un oculiste. Là, elle a refusé. Il lui a fallu huit ans pour s’accepter et encore deux ans pour partir avec un homme. Avec bien sûr des difficultés énormes de la part de sa communautés (petites tracasseries humiliantes).

11. Le dernier reportage vient de Pologne.L’Eglise a le vent en poupe. Elle a réussi à faire interdire officiellement l’avortement. Un prêtre interrogé affirme qu’il faut revenir aux vraies valeurs, aux valeurs chrétiennes qui sont les vraies valeurs polonaises depuis mille ans et supprimer la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans les lycées le catéchisme a remplacé les cours de marxisme-léninisme. Un jeune moine qui assure cette catéchèse juge la situation : que 90 % des jeunes polonais aient des relations sexuelles hors mariage ne lui pose pas problème. Car la norme morale n’est pas définie par les statistiques sinon on autoriserait le vol et le meurtre. Il est opposé à l’avortement : les enfants des femmes bosniaques violées ont le droit de vivre. D’ailleurs le jour des morts, la procession s’arrête devant une petite tombe, symbole de ces enfants tués dans le ventre de leur mère.

12. Pour Jacques Parotti ce témoignage représente un état d’esprit bloqué générateur de difficultés supplémentaires car la connaissance des phénomènes psychologiques s’accroît et avec elle le souhait individuel de s’accomplir pleinement en tant qu’être humain. On remarque que Michel, en dehors du témoignage de sa fidélité à l’Eglise, n’est trouvé comme exclus du débat.

13. Cette émission passionnante permettait de mieux comprendre ce qu’est un prêtre car enfin quel est le fil conducteur de toutes ces trajectoires humaines si diverses, sinon cet état ? et à quoi renvoie-t-il ? Tous ces hommes (et on pourrait en dire autant des femmes) ont pour fonction d’être des messagers et d’aider d’autres à vivre à travers le message qu’ils transmettent. Et ici, Michel a été extrêmement émouvant car dans la transmission du message il s’est présenté comme transparent, ne comptant pas, comme s’il était absent. Et c’est là que Mireille Dumas a parlé de repli sur soi. Il existe car manifestement il n’a pas encore abordé l’univers grouillant de ses pulsions et de ses personnalités multiples. Mais il met l’accent sur cette condition fondamentale du messager : totale humilité, totale disparition donc totale fusion avec le message avec lequel on accepte de se confondre. Ceci n’a pas été approfondi mais c’est le fondement même du problème.

14. On peut dénaturer le message soit par son ego, soit par l’institution. On peut le dénaturer aussi en le prenant comme fin et non comme moyen. Or l’important c’est qu’il aide, donc qu’il réduise de la souffrance et crée de l’harmonie. Non par but esthétique mais pour que les gens soient à l’aise à l’intérieur d’eux-mêmes, du groupe social et du cosmos. Là dessus une culture du yoga (indien, tibétain), du zen et du tao) fournit des outils irremplaçables. Le messager est un ange. Mais pas au sens pascalien du terme : « Qui veut faire l’ange fait la bête« . Le jeu de mots involontaire de Pascal crée la confusion. Il ne s’agit pas d’être un messager au sens d’un pur esprit. Le message de la transcendance se délivre toujours dans l’immanence, la vacuité se révèle dans le phénomène, le nirvana dans le samsara, le Créateur dans la création.  Mieux vaut courir le risque du panthéisme (d’ailleurs où est le danger ?) que de manquer cette réalité-là. Le prêtre fait le lien entre ces deux réalités dialectiques. Il en est le révélateur et il en vit spirituellement.

15. Prêtre chaman. Dans « Les Fonctionnaires de Dieu » Drewerman évoque le chaman. https://fr.wikipedia.org/wiki/Eugen_Drewermann

Pour lui le prêtre est d’abord un chaman. Une combinaison, une harmonisation, une hiérarchisation curieuse de ses personnalités les ont regroupées autour de cette fonction spécifique, de cette vocation. Il ne peut échapper à cette fonction et il va de toute manière la remplir en fonction des circonstances historiques et sociales qu’il rencontre : il sera prêtre, éducateur, psychanalyste, enseignant etc. Et il cherche à être à l’aise, à être en harmonie avec tous ces éléments extérieurs et intérieurs. L’idéal est d’être soi- même harmonie, constamment.

16. La notion de “chaman”. La notion est russe par langues de Sibérie (1699), peut-être d’origine indienne (samana, chramana « ascète bouddhiste ») mais elle est controversée. C’est un devin, un guérisseur, un prêtre-sorcier. C’est celui qui remet à l’aise, en harmonie, les gens qui ne le sont plus ou qui ne le sont pas encore. Ses remèdes sont aussi bien symboliques que concrètement réels. Il a la maîtrise du symbolisme et de la rhétorique, maîtrise intuitive de la psychanalyse, de l’analyse transactionnelle et de la programmation-neuro-linguistique.

17. Il est le maître d’une extase, d’une transe qui le fait voyager ailleurs (ciel, enfer). Il a subi plusieurs initiations : souvent malade dans son enfance, il reçoit un don, il reçoit une instruction spécifique (donnée par un vieux chaman). IL est mystique, poète et il connaît la théorie de la maladie. Il est parfaitement sain d’esprit mais vit sur un équilibre différent. Le possédé  est prisonnier de la transe qu’il reçoit passivement sans la souhaiter. Le chaman recherche la transe et il la domine. Il a connu une initiation sous forme de souffrance-mort-résurrection (la descente aux Enfers). Dans l’initiation le corps est mentalement partagé en morceaux puis recomposé ; vision du squelette.

    18. L’âme forte est élue par un esprit principal qui vient l’habiter et qui entretient avec elle des rapports très affectueux. En principe l’esprit est de sexe opposé, sinon le chaman va devenir homosexuel (principe de complémentarité entre le chaman et son esprit). D’autres esprits ou génie secondaires vont venir également l’habiter. Il se servira d’eux.

19. Deux maîtres spirituels , à la réputation quelque peu sulfureuse, me semblent avoir particulièrement marqué le XX° siècle :  Gurdjieff

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Gurdjieff

et Guénon

https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Guénon

Ils ont formé directement ou indirectement de nombreux disciples qui, à leur tour, son devenus des maîtres spirituels.

20. Tartuffe, directeur de conscience. Dans la religion catholique le directeur de conscience n’est pas un confesseur :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Directeur_de_conscience

C’est une fonction difficile à exercer :

http://www.salve-regina.com/salve/Les_principes_de_la_direction_spirituelle

On dirait aujourd’hui qu’elle est proche de la fonction de psychothérapeute. Ce serait une sorte de coaching spirituel… Très pratiquée au XVII° siècle la fonction pouvait tenter des escrocs de haut vol comme on le voit dans Tartuffe :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tartuffe_ou_l%27Imposteur

L’arrivée en scène de Tartuffe présente le personnage en 40 mots. J’ai choisi de le commenter en 200 mots (technique du 40 > 200).

Tartuffe : – Laurent, serrez ma haire avec ma discipline

Et priez que toujours le Ciel vous illumine.

Si l’on vient pour me voir, je suis aux prisonniers

Des aumônes que j’ai partager les deniers.

Dorine : Que d’affectation et de forfanterie.

(42 mots)

« Travaille pour ta réputation, elle travaillera pour toi ». C’est ce que fait Tartuffe. Orgon le grand bourgeois est abusé par l’escroc mais pas Dorine, la servante délurée et lucide.

La « haire » ou « cilice » est une chemise de crin que l’on porte à même la peau pour se mortifier. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cilice. La « discipline » est un fouet ou une chaînette dont on se flagelle. On sut à sa mort que le pape Jean-Paul II les pratiquait régulièrement.

Laurent est le valet de Tartuffe. Il est invité à ranger ces deux instruments de torture. Tartuffe l’invite à prier pour bénéficier constamment de la grâce de Dieu. Laurent va retourner chez son maître avec des instructions précises pour les visiteurs éventuels : Tartuffe ne sera pas chez Orgon mais chez les « prisonniers » (probablement futurs galériens protestants https://fr.wikipedia.org/wiki/Galères_(peine). Il applique le précepte de Jésus « j’étais prisonnier et vous m’avez visité » (Matthieu, 25,36)

Les aumônes » étaient recueillies pour soulager des prisonniers méritants. Tartuffe encourage les donateurs à se montrer généreux et se charge de la redistribution.

Habilement Tartuffe veut en quatre vers donner l’illusion du chrétien parfait qu’il n’est pas.

(Roger, 198 mots, deux heures, 2016-01-26)

Roger et Alii

Retorica

(3 480 mots, 21 700 caractères)

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