26 REL règle d’or maxime universelle mondialisation 2012

1. http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/Les-riches-aventures-d-une-celebre-maxime-morale-_NG_-2012-03-14-778125
Le dossier historique sur la règle d’or vient à l’appui d’une éthique de la réciprocité et de l’intersubjectivité. La Croix 2012_03_14
LA RÈGLE D’OR. HISTOIRE D’UNE MAXIME MORALE UNIVERSELLE
*  De Confucius à la fin du XIXe  siècle.
**   Le XXe  siècle et essai d’interprétation    d’Olivier du Roy
Éditions du Cerf «Patrimoines», 912 et 622 p., 45 et 35 €
« C’est en Angleterre, au XVIIe  siècle, que la règle d’or reçoit pour la première fois son titre de Golden Rule  (Thomas Jackson, 1615), dénomination prestigieuse qui restera l’apanage des Anglo-Saxons jusqu’au début du XXe  siècle. Il faudra encore attendre jusqu’en 1671 pour que paraisse le premier livre qui lui soit entièrement consacré. Mais ce que désigne la règle d’or remonte bien plus haut dans le temps et bien au-delà des frontières de l’Occident.
Ce n’est pas sans surprise que les missionnaires la découvrent déjà chez Confucius, le « Socrate de la Chine »,  qui la formule telle que nous la connaissons. Si le titre de « règle d’or »  est relativement tardif, la réalité qu’elle vise est attestée universellement, dans l’espace et dans le temps.
Mais d’abord, qu’appelle-t-on la règle d’or ? On la rencontre tantôt sous la forme négative : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas subir »,  tantôt sous la forme positive : « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse. »  C’est positivement qu’elle est formulée en Matthieu 7, 12 ou en Luc 6, 31. Benoît XVI l’énonce dans son « Message aux Américains » (2008) sous sa double forme, positive et négative : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent, et ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent. »  Il précise : « Cette règle d’or est valable pour tous les peuples, y compris pour les non-croyants. C’est une loi inscrite dans le cœur humain. »

2. « Olivier du Roy a consacré quarante ans de recherches à traquer cette maxime, à travers vingt-cinq siècles d’histoire, en se tenant au plus près des auteurs qui l’ont utilisée et commentée, d’abord en dehors de la tradition occidentale, mais surtout en Occident où elle a connu un succès ininterrompu jusqu’à la fin du XIXe  siècle.
Sous des formulations identiques, trop souvent survalorisées, bien des variations apparaissent cependant quant à sa signification et à sa prétention à devenir loi universelle. Quoi qu’il en soit, la règle d’or est de fait présente partout. Elle exprime pour le moins le « souci de résumer ou de ramasser en un seul précepte l’ensemble des injonctions morales ou des vertus ».
Pour Olivier du Roy, elle exprime bien plus. Au-delà des objections qui lui sont faites, entre autres par Kant, elle reste le « paradigme d’une éthique interpersonnelle, centrée sur l’autre et motivée par l’autre ». « En suivant la règle d’or,  écrit-il, je ne trouve pas la motivation de ma conduite dans le respect de la règle. Je la trouve dans la considération de l’autre, traité à l’égal de moi, comme un autre moi. Le motif n’est pas la conformité à la maxime ou à la règle, il est dans l’autre que je vise. » « Il me semble qu’une morale qui se centre (ou se décentre) sur la relation à l’autre est seule de nature à expliquer le caractère impératif de la valeur, en dépassant toute hétéronomie ; car si l’autre est ma règle de conduite, comme dans la règle d’or,  (…) il ne l’est qu’au nom de cette reconnaissance de l’autre comme un autre moi-même. »
Si telle est le sens de la règle d’or, on ne peut qu’être surpris par « l’étrange oubli »  dont elle est frappée dans la philosophie française du XXe  siècle. Cet oubli s’explique en partie, comme le soupçonne Olivier du Roy, par la coupure en France de la réflexion philosophique de ses sources religieuses et chrétiennes, occultant ainsi une importante source de la pensée éthique occidentale. Oubli que cette somme d’érudition et de réflexion éthique contribue magistralement à réparer. (Marcel Neusch)

3. La règle d’or, principe universel
http://prolib.net/pierre_bailleux/ethique/203.000.regle_dor.htm
La diversité des croyances et des cultures laisse entrevoir une convergence morale. Preuve en est la règle d’or dont la formulation, négative ou positive, se retrouve dans la plupart des traditions religieuses ou philosophiques.
Avec sa double exigence de réciprocité et d’altruisme, cette règle n’a rien perdu de son actualité, à condition de percevoir dans les autres l’ensemble de l’humanité et de ne pas réduire l’autre et son désir à ma propre vision du monde.
Voici, par ordre chronologique, quelques principes de base puisés uniquement des grandes religions. Impossible, tellement ils sont nombreux, de faire état des grands philosophes de tous les temps et de toutes les cultures.

Hindouisme Brahamanique
– « Telle est la somme du devoir : ne fais pas aux autres ce qui, à toi, te causerait de la peine » (Mahabarata, 5; 15,17)

Confucianisme
– « Voici certainement la maxime d’amour : ne pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas qu’ils nous fassent » (Confucius, Analectes, 15; 23)

Bouddhisme
– « Ne blesse pas les autres avec ce qui te fait souffrir toi-même »
(Bouddha, Sutta Pikata, Udanavagga 5,18)
– « Dans le bonheur et la souffrance, nous devons nous abstenir d’infliger aux autres ce que nous n’aimerions pas de nous voir infliger » (Mahavira, Yogashatra 2,20)

Taoïsme
– « Considère que ton voisin gagne ton pain, et que ton voisin perd ce que tu perds  » (T’ai shang Kan Ying Pien)

Zoroastrisme
– « La nature seule est bonne qui se réprime pour ne point faire à autrui ce qui ne serait pas bon pour elle » (Dadistan-i-dinik, 94)

Judaïsme
– « Ce que tu tiens pour haïssable, ne le fais pas à ton prochain.C’est là toute la Loi, le reste n’est que commentaire » (Hillel, Talmud, sabbat, 31-A)
– « Aime ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19; 18)

Christianisme
–  » Ainsi, tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le de même pour eux : voilà la Loi et les Prophètes » (Jésus, Matthieu, 7; 12)
– « Comme vous voulez que les gens agissent envers vous, agissez de même envers eux » (Jésus, Luc 6; 31)

Islam
– « Nul de vous n’est un croyant s’il ne désire pour son frère ce qu’il désire pour lui-même » (Muhammad, 13e des 40 Hadiths de Nawawi)

Bahaïsme
– « Ne souhaitez pas aux autres ce que vous ne souhaitez pas à vous-mêmes » (Baha’u’llah, Kitab-i-Aqdas 148)

4. Aime ton prochain comme toi-même. Voir étude Retorica à :

Cliquer pour accéder à BIB_prochain_08_05_14_fraternite.pdf

5. Casimir (18 mai 2012) : c’est bien gentil mais moi, je n’ai entendu employer ce terme qu’au sujet et à l’occasion de la loi (d’une haute moralité !) qui veut que les peuples soient endettés et doivent rembourser l’argent qu’ils sont jugés avoir touché indûment. Roger (20 mai) : La première me semble plus sympathique que la seconde qui officialise le principe du déficit dans les comptes publics avec les dérives que tu signales justement par ailleurs. Roger (8 juin 2014) : La véritable règle d’or en économie serait d’avoir des budgets en équilibre et si possible bénéficiaire. On a essayé de nous faire croire que le déficit à 3 % avait été inventé sur un coin de table par un haut fonctionnaire de droite pour contraindre la gauche a ne pas laisser filer les déficits. En réalité, je me souviens très bien d’en avoir entendu parler dans les années 2000 sous la forme suivante : on peut tolérer dans les comptes publics un déficit de 3 % parce que ce chiffre est celui de la croissance moyenne mondiale. La fable du haut fonctionnaire permettait d’accréditer l’idée qu’on pouvait aller au-delà de 3 % de déficit pour les comptes publics. Le 3 % de déficit représente sur trente ans une augmentation de dette publique de 90 % plus les intérêts payés aux banques. Il faut presque autant de temps pour réduire la dette que pour la creuser. Donc dix ans environ et non trois comme on veut nous le faire croire. D’où les politiques d’austérité totalement injustifiée et qui sont menées au mépris de l’amour du prochain, la véritable règle d’or.

6. Mondialisation Que la règle d’or soit universelle montre que la mondialisation est réllement en marche. Mais elle n’est en marche que parce que nous savons qu’elle est en marche. Il y a là plus qu’une subtilité rhétorique. Cela signifie que la règle d’or s’impose à tous les hommes et que toute l’humanité est en passe de le savoir. Ce qui a des conséquences presque incalculables.
Roger et Alii
Retorica
(8.600 caractères)

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