27 RET pp 3mn =  180 sec 2015_03

1. Roger  (26 fév 2015)  Robert me communique ceci : « Ma thèse en 180 secondes : l’édition 2015 est lancée Découvrez le programme de Ma Thèse en 180 secondes édition 2015. Un projet organisé par le CNRS et la Conférence des présidents d’université (CPU), et soutenu par la CASDEN.,Ma thèse en 180 secondes, concours inspiré de celui conçu à l’Université du Queensland : Three minute thesis (3MT®), permet aux doctorants de présenter leur sujet de recherche, en français en utilisant des termes simples, à un auditoire non-initié et diversifié. Chaque candidat doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et convaincant sur son projet de recherche.  Il a pour cela la possibilité de s’appuyer sur une seule diapositive. Ce coup de projecteur sur les jeunes chercheurs les pousse à développer leurs compétences en communication, mais est aussi une opportunité de mettre en avant le dynamisme de la recherche française. Pour cette deuxième édition, le concours est organisé par les regroupements d’Universités volontaires avec l’appui des délégations régionales du CNRS.  Les évènements régionaux, qui ont débuté en février, auront lieu jusqu’au 29 avril. A l’issue de ces sélections, la finale nationale se tiendra le 3 juin 2015 à Nancy.  Par la suite, les lauréats français devront se mesurer à ceux des autres pays lors de la finale internationale francophone à Paris en octobre 2015.

2. Roger (2 mars 2015). Remontons le fil du temps.

27 RET pp3 thèse en 180 secondes 2014_05

1. J’enseigne la pp3 (prise de parole en trois minutes). Elle vient de recevoir ses lettres de noblesse avec « Ma thèse en 180 secondes », concept né en Australie,à l’université de Queenland, en 2008.II s’agit pour un doctorant de présenter, lors d’un concours, sa thèse en 180 secondes .

2. Ce concept a été repris au Québec en 2012 puis en France en 2013. Vingt-deux universités dans quinze régions françaises l’ont adopté. « L’exercice se situe à l’opposé de ce qu’on demande habituellement à un doctorant. Il faut être très concis, utiliser un vocabulaire simple, bref vulgariser à l’extrême son sujet de thèse ».

3. Le concours se passe à plusieurs niveaux devant un jury d’universitaires, de journalistes et d’entrepreneurs . « Trois candidats sur les quinze finalistes partiront ensuite à Montréal, fin septembre, défendre les couleurs de la France face à des candidats québécois, marocains et belges.« 

4. Certains candidats ont travaillé avec des comédiens. Cette aide est très précieuse. « Nous ne sommes pas formés à parler en public alors que nous sommes censés enseigner ou parler dans des colloques » note un doctorant.

(d’après Nathalie Brafman, Le Monde, 2014_05_29)

5. Dans la méthode Mellerio-Sanglier que j’enseigne la pp3 comporte deux-cents-mots avec des variantes pour l’écrit et l’oral. C’est dire ma satisfaction de la voir reconnue.

207 mots (en ôtant le titre et la référence), 2 heures au total.

3. 27 RET pp3 – discussion DAEU 2012_12

Le DAEU (Diplôme d’accès aux études universitaire) “c’est le bac en formation continue. Une véritable seconde chance pour tous ceux qui ont quitté le système scolaire en situation d’échec et vont pouvoir renouer avec leurs études (…) ” (d’après une présentation de l’université Toulouse Le Mirail). Mais pour le préparer, il faut des bases. Je pars de ce que nous jugeons essentiel, Pierre et moi. Roger

1. Les pp3 (prises de parole en 3 mn) ont toujours autant de succès près des classes qui les pratiquent. Ceci me ravit puisque j’en suis, à l’intérieur du mouvement Freinet, l’origine lointaine et revendiquée. Mais il manque une analyse de cette pratique. Disons que la pp3 est un fourre-tout : on y trouve notamment des productions qui relèvent de l’expression libre et qui, à mon sens, vont vers la pp33 (pp3 dans l’espace). Les hasards de la pratique pédagogique nous ont conduit, Pierre et moi-même, à privilégier les pp3 écrites, que nous nommons simplement “discussion”. De quoi s’agit-il ?

2. Dans mon esprit et ma pratique les pp3 étaient une propédeutique orale à la dissertation. A mes yeux oral ou écrit sont équivalents. Une bonne prestation orale se fait sans notes et dans un français correct, voire châtié. Ce qui impressionne l’auditoire. Des circonstances particulières, enseignement par correspondance, nous ont conduit, Pierre et moi-même, à privilégier les pp3 écrites que nous appelons simplement “discussion”.

3. Nous distinguons les sujets énumératifs et les sujets délibératifs. Exemple : “Comment améliorer les prisons ?” est un sujet énumératif qui propose diverses solutions. Par contre “Faut-il améliorer les prisons ?” est un sujet délibératif car il y a des gens qui disent qu’il ne faut pas les améliorer, que “les détenus sont là pour en baver”  etc. Progressivement nous nous sommes rendu compte que les sujets énumératifs relèvent du deux-cents-mots. Les sujets délibératifs  relèvent, eux, de la discussion.

4. Les sujets délibératifs répondent à l’injonction du philosophe Alain : “Penser c’est penser contre”. Mais pour penser contre, il faut d’abord penser pour. Ensuite on choisit  sa propre position avec les réserves ou les limites qui s’imposent.  Nous distinguons ainsi trois formulations : pour / contre ou oui / non ou non /si.  On retrouve l’opposition thèse / antithèse, la synthèse forcément brève étant la conclusion de la discussion. Il est étonnant de voir à quel point les élèves et aussi les profs ont du mal à se plier à cette disciple mentale, pourtant indispensable et sans laquelle on se trouve rapidement “hors sujet”. Le terme élèves désigne ici aussi bien le féminin que le masculin. Ceci dit pour éviter des accords compliqués.

5. Pierre laisse ses élèves totalement libres du choix des sujets qu’ils empruntent ou qu’ils inventent. L’essentiel est qu’ils voient clairement la différence entre un sujet énumératif (qu’ils vont traiter en un deux-cents-mots) et un sujet délibératif (qu’ils vont traiter en une discussion, laquelle reste souvent dans la limite des deux cents mots). Ces élèves sont donc, dans tous les exercices, libres du contenu mais pas de la forme, seule manière de progresser au fil des travaux. C’est très difficile. C’est une véritable ascèse personnelle. Ce qu’on ne dit jamais assez aux élèves, abusivement traités d’ “apprenants”. L’élève c’est celui que s’élève et que le professeur aide à s’élever.

6. Pour cela il faut que l’élève prenne conscience de son ascension intellectuelle, qu’il l’entretienne et qu’il l’améliore pour arriver au niveau du DAEU. Les “invariants pédagogiques” de Célestin Freinet proposent une grille inspirée des feux tricolores rouge, orange, vert. Pierre l’a reprise de la manière suivante :

orthographe rouge, orange, vert

grammaire rouge, orange, vert

style rouge, orange, vert

matériau rouge, orange, vert

construction rouge, orange, vert

Pour que l’élève soit au niveau de l’examen du DAEU il faut qu’il soit dans la zone du vert, d’une manière régulière, dans ces cinq catégories. C’est difficile, très difficile. Cette évaluation concerne globalement l’ensemble d’un travail global mensuel, soit 8 pages (quarante-mots, deux-cents-mots, discussion, lettre d’accompagnement). L’évaluation est proposée à l’élève qui peut la discuter.

7. En orthographe et en grammaire, l’expérience nous a montré qu’il suffisait de beaucoup d’attention pour éviter la plupart des erreurs. Tout le monde a intégré, sans en avoir conscience, les fondements de la langue française. Il suffit de demander aux élèves d’y être attentifs pour voir le nombre des erreurs baisser d’une manière spectaculaire : 60 en 8 pages puis 30 puis 20 puis 10 , ceci en quatre envois. Mais on ne descendra guère en dessous de 10, soit 1 ou 2 fautes par page. Dans ce domaine Pierre se contente d’entourer l’erreur au stylo et de noter sa correction dans la marge. Pas ou peu de cours de grammaire.

8. En matière de style, nous pratiquons d’une manière intensive le quarante-mots en quatre versions : récit, essai, dialogue, poème. Les corrections que nous proposons respectent au maximum la pensée de l’élève et la langue. L’élève va comparer son texte et la correction, assimiler la différence puis refaire le quarante-mots sur un nouveau tirage. L’amélioration se fait ainsi par imprégnation.

9. Le matériau vient de l’élève lui-même, de sa personnalité et de ses lectures. On attend de lui qu’il creuse son originalité et c’est difficile. Certains ont beaucoup d’idées et des bonnes. D’autres restent dramatiquement secs et conventionnels. Les premiers peuvent obtenir le DAEU sans problèmes. Pour les autres il faut attendre qu’ils sortent d’eux-mêmes au fil des mois.

10. La construction repose sur le deux-cents mots et la discussion. Le deux-cents-mots demande une construction linéaire avec une progression claire, voire habile en quelques paragraphes. Il convient bien aux sujets énumératifs. La discussion contradictoire va organiser ses arguments pour / contre, oui /non ou non/si d’une manière progressive. Chaque point va présenter trois arguments du plus faible au plus fort. En deux cents mots on va à l’essentiel, sans développer mais on ne sort pas de la route. C’est l’essentiel. Les épreuves du DAEU pourront être plus ambitieuses mais Pierre se limite à poser les fondements de la construction.

11. Ces cinq catégories sont liées entre elles : vouloir progresser dans l’une c’est aussi progresser involontairement dans les autres. Ceci n’a rien de mystérieux. L’attention ne se partage pas ; elle est toute entière là où elle s’applique. On ne peut pas faire deux choses à la fois contrairement à ce que prétend la doxa courante qui infecte tout le monde et d’abord nos élèves. De là cette agitation constante et futile qui marque nos médias et nous empêche de penser. Pour comprendre ce que cela signifie il faut lire et méditer “L’enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain” de Simone Weil (1909 – 1943). Voici le lien pour l’édition électronique de cet ouvrage fondamental :

classiques.uqac.ca/…/weil_simone/enracinement/enracinement.html

Roger et Pierre

(7.200 caractères)

MaÏthé (9 déc 2013) oui , c’est une méthode parfaite pour le DAEU dont j’ai fréquenté la préparation en Français pendant un an, invitée par un enseignant, au Mirail. Et ça m’a énormément intéressée .

Mauricette : 11 déc 2013 :  Je suis intéressée par cette méthode et cette réflexion     touchée par le rappel de Célestin Freinet . Qui tente d’expérimenter ?   Où ?   Merci pour votre  réponse    Roger  (12 déc) Le problème c’est que je ne le sais pas. Par contre je sais pourquoi je ne le sais pas ! Je m’explique. Il s’agit de techniques tellement simples à mettre en œuvre que beaucoup de collègues les utilisent sous des formes et des noms très divers, dans le mouvement Freinet et hors du mouvement Freinet, notamment dans l’enseignement privé, plus ouvert à l’innovation. Il faut envisager des solutions audacieuses et rappeler que Freinet n’a pu développer ses idées que dans l’école privée qu’il avait créée. 

4. Genèse des pp3 Roger (22 fév 2001) :  Je lis sous la plume d’un camarade (…)  :  « La technique des « Trois  minutes » a vu le jour dans la commission Second degré autour des  années 80. » Par création collective ? ou génération spontanée ? Je  réagis pour plusieurs raisons. D’abord pour rendre à chacun son dû.  Ainsi il me semble que le terme de “débat silencieux ” revient à  Annie en 1998. Il s’effectue sur quarts-de-feuille (format a6)  formule que j’ai mise au point il y a quelques années. Créer le mot  adéquat à la situation c’est créer un concept et donc pour nous  un “outil conceptuel”. Il faut connaître les données du problème pour comprendre une partie des potentialités de l’outil. A un moment ou à un autre, l’un(e) d’entre nous « prend la tête du peloton »(Freinet)  et il est bon de le reconnaître et de le dater. Ceci permettra plus tard de reconstruire le tâtonnement expérimental réel du mouvement. Enfin des problèmes de cursus et de carrière peuvent être attachés à cette reconnaissance collective : je n’oublie pas que je suis devenu agrégé sur liste d’aptitude grâce en partie à mon travail à BT2 et dans le mouvement Freinet.J’ai  créé les prises de parole en 3 mn, et développé  l’usage massif des a6, entre 1976 et 1978 pour les raisons suivantes. J’étais excédé par les sujets d’examen prétentieux et compliqués proposés aux  élèves en français au second cycle. Ils continuent d’ailleurs à sévir, nous-mêmes et nos collègues reproduisant, même à l’Ecole Moderne !, les tares de l’enseignement que nous avons reçu. Par  contre, vers 1968, j’avais eu connaissance d’un ouvrage canadien qui posait des questions simples et directes du style : Les professeurs sont-ils utiles ? Faut-il croire aux O.V.N.I ? Pourquoi les jeunes aiment-ils les musiques violentes ? etc. etc. Par ailleurs je rencontrais des problèmes d’actio (de diction notamment) chez mes élèves et je n’arrivais pas à trouver les moyens de les résoudre, semblable en cela aux précepteurs de Gargantua, qui, avant Ponocrates, n’arrivaient pas à tirer de lui un propos construit et cohérent, pas plus qu’on tire “ un pet d’un âne mort ”. J’ai laissé mûrir et un jour j’ai trouvé la solution. Comme j’aime bien les “outils à deux coups ” et même à coups multiples, j’ai introduit les trois minutes :

– pour apprendre à construire un plan élémentaire

– pour permettre aux élèves de s’exprimer en public

– pour me reposer un peu en cessant d’occuper le centre de la salle

5. “Trois minutes avec vous” 27 avril 1978 Le “Trois minutes avec vous” entre dans le second degré avec une lettre de Jacques Brunet en date du 27 avril 1978 :

“ Cher Roger, -3 mn avec vous ; j’ai commencé dans une classe de 2de. Très  satisfaisant pour les élèves et pour moi. C’est peut-être l’intérêt  de la nouveauté mais ça marche. 7 élèves sont passés à la file. Ils

avaient bien minuté (deux étaient en deçà). Deux ont montré des  qualités étonnantes (contact avec la classe ; jeu de scène esquissé ; pas la moindre note).

Voici les sujets traités :

– un C.R de la visite d’Amnesty International au Foyer (remarquable)

– 3 C.R de livres (Eric : Le Baiser au lépreux)

– – le problème de l’immortalité (congélations d’animaux)

– Jeannot et Colin de Voltaire, résumé et raconté

– Un point de vue sur le rock.

Pour la 2de partie de discussion, j’ai vu mes limites. J’ai insisté  sur la  Forme : ça a permis de faire une critique collective et j’en ai tenu compte.

Mes critères au tableau en trois colonnes :

– intérêt du sujet

– le plan apparaît-il nettement ? suit-on bien ?

– langue et style ; incorrections…

– contact  avec le public

– indépendance par rapport aux notes.

Quand au fond, le problème c’est que je n’ai pas encore mon Retorica  dans la tête. Mais dans le fond, tant mieux, c’est un tri excellent.  Sinon je les assommerais de ma “ culture ” fausse.

En tout cas vif succès : j’ai découvert placardé une sorte de publicité-mise-en boîte du style “ jeudi nouvelle émission…. Mise en onde : X etc… ”. Mais on ne fera qu’une heure par semaine. Amitiés, Jacques. ”

6. Roger : J’ai retenu cette lettre comme fiche de travail en la complétant  ainsi : C.R très utile par sa concision. Une demi-page et l’essentiel est dit.

1. Intérêt de la nouveauté. Pour entretenir l’intérêt on peut décider que les “ Trois minutes… ” du mois suivant seront consacrées à un thème donné  (ex : panorama du roman franéais à travers 30 ou 35  romans dont on fait le compte-rendu, un cycle fantastique ou un cycle science-fiction etc….) C’est-à-dire qu’on arrive à la technique du bouquet : groupement de productions individuelles en vue d’un effet  global.

2. 2° partie : la discussion. Elle a pour but de faire le point sur les productions présentées par les élèves ; ce n’est pas une correction mais un prolongement possible qui est offert.  L’intervention du professeur est très limitée ; pour une ou deux productions définir un champ rapide de corrélations intéressantes et un ou deux ouvrages, la classe participant bien sûr.

3. Les critères d’évaluation. Ce n’est certainement pas un hasard s’ils reprennent ceux de la rhétorique classique :

– inventio (intérêt du sujet)

– dispositio (le plan)

– elocutio (langue et style)

– actio (contact avec le public)

– mémoria (indépendance par rapport aux notes)

Ces critères sont les meilleurs ê l’expérience. On peut procéder comme le fait Jacques et / ou laisser au professeur la responsabilité de l’évaluation individuelle : pendant l’audition le professeur rédige rapidement son appréciation, en prend note pour lui et la  remet ensuite à l’élève.

4. Avoir Retorica dans la tête ? Il s’agit surtout d’avoir travaillé  assez longuement les systèmes de corrélations mais de ne donner que celles qui permettront à quelqu’un dans la classe d’aller plus loin.

On peut proposer de remettre des fiches de travail à ceux qui le  désirent.

7. Actualisation 2001 – 2005 Je n’ai rien retouché à ces deux fiches de 1978 pour mieux comprendre l’évolution dans l’emploi de l’outil. Une fiche de synthèse (André, 2001) met en valeur les éléments suivants :

–  Nécessité d’une totale liberté de choix pour les PP3. Les  cycle sont une fausse bonne idée. On peut y songer bien sûr mais pas sous cette forme ni dans ce cadre.

– L’évaluation est collective et non chiffrée. Au second cycle au contraire j’aime bien l’appréciation chiffrée et discutée en triangulaire entre l’intéressé, le prof et la classe avec une discussion type marchand de tapis : “Comment vous mettez-vous ? – 16 M’sieur . – Non, moi je vois 8 et encore par grand vent pour telle et  telle raison… La classe : Oh M’sieur, soyez pas salaud. Il a fait un bel effort. – Oui, à l’exam. – On n’est pas encore à l’examen. Oui, mais on n’en est pas loin. Il faut affronter le réel, même désagréable. Disons 12 et on passe à un autre sujet. ”

– André relève une pratique très intéressante où c’est la classe qui juge globalement s’il s’agit ou pas d’un “ Trois minutes…” Cette pratique me semble très habile et pourrait nous mener à un brevet “Je sais prendre la parole” utilisable jusqu’en formation permanente. Trois pp3 réussies successivement donneraient le brevet.

– Seule réserve de ma part : André évoque le plan introduction – développement – conclusion. C’est une ânerie de l’enseignement traditionnel et qui compromet gravement l’apprentissage de la dissertation. Je l’ai toujours combattue dans le 3 mn  qui présente un rythme quaternaire avec de multiples variantes : introduction – thèse – antithèse – conclusion (choix ou  synthèse).

8. Bernard (31 déc 2004) :  “je suppose que PP, c’est prise de position ? Très intéressante ton analyse et bravo à tous ceux qui se sont maintenus sur ce chantier  que d’autres occupations m’ont fait délaisser. C’est vraiment un chantier d’écriture populaire, qui permet aux jeunes  de se dire « je peux moi aussi  apprendre des autres pour apprendre aux autres, et pas contre les autres).” Roger, le 2 janvier 2005 : PP3 c’est « prise de parole en 3 mn » mais je retiens ta version « prise de position en 3 mn » car prendre la  parole c’est prendre position . Mais sans que cela devienne une « PT3 »  une prise de tête en 3 mn… Donc précision, ouverture, souplesse…” Ce qui peut déboucher sur une réflexion plus approfondie

Un exemple :

0. Est-il bon de financer la recherche médicale par appel à la charité publique ?

1.0 Apparemment non

1.1 Le public ne sait pas où va cet argent : comptes non transparents (ARC)

1.2 Ceci favorise le désengagement de l’Etat (baisse possible des crédits)

1.3 Ceci donne facilement bonne conscience aux donateurs et aux entreprises (mécénat)

1.9 Donc opérations troubles à la fois financièrement et moralement

2.0 En fait oui

2.1 La recherche coûte trop cher pour être couverte par la seule  Sécurité Sociale

2.2 Les malades sont heureux de sentir une fraternité humaine.

2.3 Les donateurs œuvrent pour eux-même, créent des emplois  ( chercheurs, techniciens etc.)

2.9 Donc l’aspect altruiste semble l’emporter.

3.0 Alors ?

3.1 Le désir de transparence est légitime (1.1) et dans une démocratie on peut empêcher l’Etat de se désengager, l’obliger à des choix utiles (1.2) à condition qu’une majorité le veuille.

3.2 Il faut payer  à la fois par la voie de la justice sociale (Impôts, Séc.Soc. 2.1) et par la voie de la charité

3.3 Reprocher la bonne conscience (1.3) paraît faible vis-à-vis de  la fraternité (2.2)

3.4 A condition de ne pas rêver à une immortalité impossible et peu souhaitable il faut travailler à réduire la souffrance humaine  (prolongement de 2.4)

3.9 Donc il faut continuer à faire appel à la charité publique.

9. Un débat inutile ? Certainement pas. Les causes humanitaires sont très nombreuses et la charité limitée : ce qu’on donne aux myopathes ne sera pas donné aux cancéreux… Tout en continuant à donner il  faut rester très vigilant à la destination des dons, aux tâches de l’Etat et de la Sécurité Sociale : il faut assurer à la fois une juste et froide répartition des moyens financiers et la poursuite d’une charité, même un peu voyante, car elle est affectivement indispensable aux malades.

9. Michel (12 déc 2007) C’est toujours difficile d’écrire l’histoire et de trouver le premier. Est-ce même même utile ?  J’ai découvert la PF en 1969 en écoutant aux portes à la fac de Nanterre. J’ai fait ma 1ère année comme documentaliste chargé de la vidéo en école normale en région parisienne. Lors de mon premier poste d’enseignement j’étais en Martinique avec des classes qui allaient de 39 à 42 élèves en seconde et première. Pays de tradition orale s’il en est.  Comment faire parler tout le monde. La seconde année je mettais en place des exposés de trois minutes. C’était en 1972. J’ai dû écrire un article sur le sujet il me semble en 1974 dans le journal que nous avions créé dans le groupe Freinet  (…).  Par la suite je n’ai cessé de transformer les règles. J’ai découvert par la Brèche, sans doute vers 76 ou 78 ce qu’en disait le second degré, mais j’ai continué avec mes propres règles, et nous ne sommes pas tout à fait dans la même démarche (…) De retour au lycée, en 86 c’est en conseil que nous définissions les règles et elles étaient très directement liées au projet sur lequel nous travaillions. C’est ainsi que nous avons eu des 3 mn presse, des 3 mn écologie ou des 3 mn justice pendant des périodes longues qui pouvaient couvrir l’année. Nous en sortions des fichiers de classes très riches, détruits pour être recommencés tous les ans. Les uns dans des classeurs (A4), les autres dans des boîtes de chaussures (fiches cartonnées). En lycée, à partir de 86, j’ai commencé à donner pour règle que la fiche accompagnant le 3 mn devait comporter un recto perso et un verso document. Nous faisions la même chose dans l’affichage corespondant aux projets (feuilles 50cm sur 20cm) qui formait des albums une fois décroché. Cela a permis d’empêcher la copie. C’était avant internet. (…)  Arrivé en BTS Audiovisuel en 1990, j’ai dû faire des 3 mn histoire de l’art et ou cinéma selon les cours. Nous avions de ce fait une armoire d’extraits vidéo en Umatic (format de récup France 3) constituée par les élèves, en plus des fichiers.

Usage systématique du réseau informatique : Une fiche pour un exposé, placée dans le serveur du lycée, puis sur internet. Ces fiches pouvaient être méthodologiques (technique d’analyse filmique ou d’image fixe) biographiques, monographies, etc.  Vers 1994, j’ai ajouté la minute bizarrerie. J’ai piqué l’idée à un collègue d’audiovisuel de St Quentin et l’ai totalement transformée. Je ne peux revendiquer totalement l’idée, mais la manière oui. Voilà en gros. Ceci n’est pas un article, je n’ai pas le temps ce soir.  Je ne suis pas dans la même démarche, mais il s’agit aussi d’un trois minutes.

Je voyais bien que je ne pouvais pas appliquer le quoi de neuf que j’avais lu dans la littérature Freinet dans une classe de 40 élèves. Pas question de conférences non plus? Et puis celles que j’avais subies pendant mes études par des étudiants creux m’avaient convaincu qu’on ne remplace pas un cours magistral de prof par un cours magistral d’élève, encore plus chiant. D’où m’est venue l’idée d’un trois minutes ? Pas facile à dire.  Cela fait partie des évidences qui te viennent quand tu es dans la merde devant 42 élèves dont plusieurs sont plus âgés que toi, dans une salle sans allées pour se déplacer, surchauffée par le soleil tropical. Je crois me souvenir que j’avais commencé par 10 mn, puis pour des raisons évidentes, ramené à 5, et enfin à trois mn, ce qui était le minimum pour un discours construit avec une argumentation et suffisamment d’informations. Si un jour j’ai le courage je rédigerai quelque chose là-dessus. (…) »

10.  Roger : Les expériences se rejoignent. 27 RET pp3mn pitch 2014_11

Le pitch est un argument, une synthèse, notamment en matière commerciale. Comment réussir son pitch pour convaincre en deux minutes ? Voir :

http://www.journaldunet.com/?id=1107566

« Voici les 8 points à retenir :

1- Se fixer un objectif en sachant où l’on veut entraîner son interlocuteur.

2- Identifier vos messages à faire passer.

3- Etre clair, net et précis, sans jargon, juste l’essentiel avec des mots simples.

4- A bannir : tous les termes techniques, les acronymes, la langue de bois et le franglais, quand c’est possible.

5- Structurer votre présentation : entrée, plat, dessert. Composer une histoire fluide, une véritable bande annonce.

6- Utiliser des métaphores et des analogies pour rendre vivant votre discours.

7- Mettez le ton et de l’émotion, entraîner-vous à la maison.

8- N’oubliez pas de sourire, d’articuler, de contrôler votre débit de paroles, respirez, tenez-vous droit et conservez vos pieds ancrés au sol. »

Roger et Alii

Retorica

(4.290 mots, 25.600 caractères)

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